PIXELS

INSTALLATION SONORE POUR BOITIERS LUMINEUX — 2010

  • "Pixels" @ Brasserie Bouchoule Montreuil, 2011

DISPOSITIF ULTRA BASSE RÉSOLUTION

Pixels, propose de montrer des séquences cinématographiques en ultra basse résolution. Réduites à quelques pixels, ces séquences se présentent comme des motifs lumineux énigmatiques, sortes de constellations mouvantes ou calligrammes animés et le dispositif pose la question de leur lisibilité.

A l’heure de la haute définition et de l’inflation des pixels, où les appareils photos numériques grand public en affichent des dizaines de millions, j’ai pensé qu’un mouvement inverse était de mise. J’ai donc décidé de fabriquer des écrans “ultra basse résolution » constitués d’une matrice de 10 pixels par 6 pixels. C’est approximativement la résolution retenue pour définir les icônes de base de l’interface graphique d’un ordinateur, comme la petite flèche du curseur par exemple. Ces pixels sont matérialisés par des boitiers lumineux contenant des leds dont l’intensité lumineuse est variable. Une définition aussi réduite pose la question de la lisibilité des images proposées. La raréfaction, la quasi-disparition des signes en fait une expérience limite.

Ce qui est en jeu dans cette série c’est le processus–même du regard actif du spectateur entièrement focalisé sur le déchiffrage de ce qu’il voit. Pixels met le spectateur en position de guetteur, de surveillant. Pour reconnaitre les formes et les mouvements, le spectateur, doit effectuer le travail inverse du photographe de « Blow up » d’Antonioni : pas d’agrandissement photographique, au contraire, il doit prendre mentalement du recul, zoomer en arrière et compenser la stylisation extrème de l’information par un effort de mise en perspective maximum. Exactement comme les logiciels de reconnaissance de formes des services d’espionnage de nos armées modernes, le spectateur mémorise, classe, compare, et tente d’identifier les figures et déplacements qu’il repère jusqu’à reconnaître dans les motifs graphiques affichés, la situation suggérée par le titre du film. Le spectateur est également aidé dans sa traque par le complément d’information que constitue la bande son.

La curiosité du spectateur est délibérément titillée par la réduction en ultra basse résolution. C’est le voyeurisme fondamental de chacun qui encourage et récompense son effort de décodage.

"Pixels" @ Brasserie Bouchoule, 2011

"PIXELS" @ Ososphère 2012- vidéo : David Heitzmann pour Arte creative

CRÉDITS

Logiciel et système électronique Soixante circuits

Une coproduction La Filature, Scène nationale, Mulhouse

EXPOSITIONS

07.12.2012 > 16.12.2012 à la Coop Port du Rhin Festival Ososphère 2012, Strasbourg.

04.05.2011 > 15.05.2011 Instants Chavirés Brasserie Bouchoule, Montreuil

05.03.2010 > 13.03.2010 festival TRANS(E) La Filature, Scène nationale, Mulhouse